Interpretatio
«Apollon et Artémis, d’après les Égyptiens, seraient enfants de Dionysos et d’Isis; Léto serait leur nourrice et les aurait sauvés; en langue égyptienne, Apollon s’appelle Horus, Déméter Isis, Artémis Boubastis. (Hérodote, II, 156)
Ce texte d’Hérodote donne un exemple parmi bien d’autres de la « traduction » du nom d’une divinité étrangère en grec. Ce mécanisme est communément appelé interpretatio dans les études modernes. Il consiste donc à opérer une identification entre des dieux d’origine différente, sur la base d’une comparaison le plus souvent fonctionnelle. Dans notre documentation, Hérodote est le premier à proposer ce type d’équivalence, mais le procédé connaîtra une longue postérité.
Tout au long de leur histoire, le jeu de l’interpretatio a permis aux Romains de rapprocher de leurs propres divinités et de leur unir des dieux lointains par les dieux de culte et même, parfois, par leur nature. Certes, un tel processus n’est pas le seul fait de Rome. On retrouve, dans bien des secteurs du paganisme ancien, le sentiment plus ou moins clair que, sous des noms différents, les divers peuples ne pouvaient pas ne pas honorer les mêmes dieux. D’où résulta un mécanisme complexe et réciproque par lequel les divers panthéons antiques se rapprochent les uns des autres malgré les différences profondes qui, le plus souvent, les séparaient. Sans doute, cependant, la relative pauvreté de l’imagination religieuse romaine et le caractère essentiellement fonctionnel des dieux de Rome ont-ils permis, plus qu’ailleurs, un très large développement d’interpretationes de toutes sortes. La tolérance religieuse, presque constamment attestée, des Romains y trouvait son compte.
~ Sources:
Pour l'introduction: http://elearning.unifr.ch/antiquitas/fiches.php?id_fiche=11
et Recherches sur les religions de l'Italie Antique, Raymond Bloch, Hautes études du monde Gréco-romain (1976).
Ce texte d’Hérodote donne un exemple parmi bien d’autres de la « traduction » du nom d’une divinité étrangère en grec. Ce mécanisme est communément appelé interpretatio dans les études modernes. Il consiste donc à opérer une identification entre des dieux d’origine différente, sur la base d’une comparaison le plus souvent fonctionnelle. Dans notre documentation, Hérodote est le premier à proposer ce type d’équivalence, mais le procédé connaîtra une longue postérité.
Tout au long de leur histoire, le jeu de l’interpretatio a permis aux Romains de rapprocher de leurs propres divinités et de leur unir des dieux lointains par les dieux de culte et même, parfois, par leur nature. Certes, un tel processus n’est pas le seul fait de Rome. On retrouve, dans bien des secteurs du paganisme ancien, le sentiment plus ou moins clair que, sous des noms différents, les divers peuples ne pouvaient pas ne pas honorer les mêmes dieux. D’où résulta un mécanisme complexe et réciproque par lequel les divers panthéons antiques se rapprochent les uns des autres malgré les différences profondes qui, le plus souvent, les séparaient. Sans doute, cependant, la relative pauvreté de l’imagination religieuse romaine et le caractère essentiellement fonctionnel des dieux de Rome ont-ils permis, plus qu’ailleurs, un très large développement d’interpretationes de toutes sortes. La tolérance religieuse, presque constamment attestée, des Romains y trouvait son compte.
~ Sources:
Pour l'introduction: http://elearning.unifr.ch/antiquitas/fiches.php?id_fiche=11
et Recherches sur les religions de l'Italie Antique, Raymond Bloch, Hautes études du monde Gréco-romain (1976).