Le mariage romain
Le droit au mariage légal (ius connubii), d'abord réservé aux patriciens, s'étendit ensuite à la plèbe et aux affranchis. À l'origine, le mariage légal était toujours célébré cum manu, c'est-à-dire que la personne et les biens de l'épouse tombaient en totale dépendance (in manu) de l'époux; plus tard se répandit la coutume du mariage sine manu dans lequel la femme, n'étant plus considéré comme la fille aînée (loco filiae) conservait ses biens et la possibilité du divorce.
Théoriquement, les garçons pouvaient se marier dès l'âge de 14 ans (en fait, il ne le faisaient pas avant 17) et les filles, dès l'âge de 12 ans. À tout âge, l'accord des parents étaient requis.
Mariage plébéien: la forme la plus courante était une sorte de mariage civil passé devant le préteur et cinq témoins, et qui s'appelait coemptio, car il ressemblait à une sorte d'achat de la fiancée par le prétendant. Après la cérémonie, des jeunes gens conduisaient la fiancée dans sa nouvelle demeure; au premier carrefour, elle offrait un «as» au Laraire du quartier, en réservant un autre, dans son brodequin jaune, pour le Lare du foyer.
Mariage patricien: il prend un forme religieuse appelée conjarreatio. Voici les grandes étapes:
Les fiancés prononcent les formules d'engagement (Spondesne - Spondeo?) et le fiancé passe l'anneau de fer au doigt de sa promise. Les parents lancent des invitations pour le mariage. La fiancée consacre aux dieux ses jouets, la bulle d'or de son enfance et sa robe de jeune fille; elle revêt ensuite le flammeum, grande palla de couleur jaune safran, qui la recouvre comme d'un voile (d'où nuptiae, de nubere = voiler). La maison regorge de monde et l'on y attend le Pontife et le Flamine Dial (prêtre de Jupiter), qui, à l'exclusion du pouvoir civil, vont présider au mariage et le consacrer. Ensuite, les futurs époux, les parents et les dix témoins exigés par la loi pénètrent dans le sacrarium ou oratoire domestique, pendant que la foule des invités envahit le péristyle.
Les futurs époux ont pris place sur une chaise jumelle; le flamine met la main droite de la jeune fille dans celle du jeune homme et déclare que désormais la femme devra participer aux biens de son mari, ainsi qu'aux choses saintes. Ensuite, viennent le sacrifice à Junon, protectrice de l'union conjugale, l'offrande du pain d'épeautre (far, d'où le terme confarreatio) et la remise de la dot.
Après le repas de noces, a lieu la deductio: la mariée est conduite à la demeure de son époux, à la lueur des flambeaux et au rythme des chants. Arrivé chez lui, celui-ci s'adresse à son épouse et lui demande: «Qui es-tu?». Ce à quoi elle répond: «Ubi tu Gaius, ego Gaia». Ne va-t-elle pas vivre sur un pied d'égalité avec son époux et remplir les devoirs d'une maîtresse de maison?
On lui présente alors l'eau et le feu, symbole de la vie et du culte domestique. Elle attache à la porte des bandeaux de laine blanche, manière d'indiquer qu'elle sera bonne fileuse. Enfin, elle oint de graisse la porte, pour en écarter tout maléfice. Elle entre alors, mais soulevée par ses compagnes: on eut regardé comme un mauvais présage que ses pieds touchassent le seuil! Pendant ce temps, le mari jette des noix (nuces) aux enfants, pour signifier qu'il renonce aux futilités (nugaces) et ne songera plus qu'aux devoirs de père de famille. Il rejoint son épouse, qui a pris place dans l'atrium sur une toison de laine, et lui présente une clé, symbole de l'administration intérieure.
Et le choeur, qui n'avait pas cessé de chanter l'épithalame, module un dernier souhait en se retirant: «Claudite ostia virgines! Lusimus satis. At boni Conjuges, bene vivite!»
~ Source: Découverte du monde gréco-romain, M. DEMAT et J. LALOUP, Tome 1, 3e édition, H. Dessain Éditeur, Liège, 1958.
Théoriquement, les garçons pouvaient se marier dès l'âge de 14 ans (en fait, il ne le faisaient pas avant 17) et les filles, dès l'âge de 12 ans. À tout âge, l'accord des parents étaient requis.
Mariage plébéien: la forme la plus courante était une sorte de mariage civil passé devant le préteur et cinq témoins, et qui s'appelait coemptio, car il ressemblait à une sorte d'achat de la fiancée par le prétendant. Après la cérémonie, des jeunes gens conduisaient la fiancée dans sa nouvelle demeure; au premier carrefour, elle offrait un «as» au Laraire du quartier, en réservant un autre, dans son brodequin jaune, pour le Lare du foyer.
Mariage patricien: il prend un forme religieuse appelée conjarreatio. Voici les grandes étapes:
Les fiancés prononcent les formules d'engagement (Spondesne - Spondeo?) et le fiancé passe l'anneau de fer au doigt de sa promise. Les parents lancent des invitations pour le mariage. La fiancée consacre aux dieux ses jouets, la bulle d'or de son enfance et sa robe de jeune fille; elle revêt ensuite le flammeum, grande palla de couleur jaune safran, qui la recouvre comme d'un voile (d'où nuptiae, de nubere = voiler). La maison regorge de monde et l'on y attend le Pontife et le Flamine Dial (prêtre de Jupiter), qui, à l'exclusion du pouvoir civil, vont présider au mariage et le consacrer. Ensuite, les futurs époux, les parents et les dix témoins exigés par la loi pénètrent dans le sacrarium ou oratoire domestique, pendant que la foule des invités envahit le péristyle.
Les futurs époux ont pris place sur une chaise jumelle; le flamine met la main droite de la jeune fille dans celle du jeune homme et déclare que désormais la femme devra participer aux biens de son mari, ainsi qu'aux choses saintes. Ensuite, viennent le sacrifice à Junon, protectrice de l'union conjugale, l'offrande du pain d'épeautre (far, d'où le terme confarreatio) et la remise de la dot.
Après le repas de noces, a lieu la deductio: la mariée est conduite à la demeure de son époux, à la lueur des flambeaux et au rythme des chants. Arrivé chez lui, celui-ci s'adresse à son épouse et lui demande: «Qui es-tu?». Ce à quoi elle répond: «Ubi tu Gaius, ego Gaia». Ne va-t-elle pas vivre sur un pied d'égalité avec son époux et remplir les devoirs d'une maîtresse de maison?
On lui présente alors l'eau et le feu, symbole de la vie et du culte domestique. Elle attache à la porte des bandeaux de laine blanche, manière d'indiquer qu'elle sera bonne fileuse. Enfin, elle oint de graisse la porte, pour en écarter tout maléfice. Elle entre alors, mais soulevée par ses compagnes: on eut regardé comme un mauvais présage que ses pieds touchassent le seuil! Pendant ce temps, le mari jette des noix (nuces) aux enfants, pour signifier qu'il renonce aux futilités (nugaces) et ne songera plus qu'aux devoirs de père de famille. Il rejoint son épouse, qui a pris place dans l'atrium sur une toison de laine, et lui présente une clé, symbole de l'administration intérieure.
Et le choeur, qui n'avait pas cessé de chanter l'épithalame, module un dernier souhait en se retirant: «Claudite ostia virgines! Lusimus satis. At boni Conjuges, bene vivite!»
~ Source: Découverte du monde gréco-romain, M. DEMAT et J. LALOUP, Tome 1, 3e édition, H. Dessain Éditeur, Liège, 1958.