L'enfant romain
Naissance
Des couronnes de fleurs, posées aux portes d'une maison, annoncent que la famille d'est agrandie d'un enfançon (Filiolo me auctum scito). Comme c'est un garçon, il est accueilli avec joie: la famille se perpétuera. Aussi l'heureux père le soulève-t-il (attollere, suscipere) pour marquer qu'il le reconnaît. Malheur à l'enfant qui n'est pas «soulevé»! On l'expose au Forum ou sur la voie publique; la Loi des XII Tables ordonnait de faire disparaître les enfants faibles ou difformes, et cette législation ne sera abolie que par les empereurs chrétiens.
Le 9e jour après celui de la naissance (dies natalis) (le 8e jour pour les filles), se place le jour lustral (dies lustricus). Au cours d'une cérémonie de purification, l'enfant reçoit son prénom: il le portera toute sa vie et, jusqu'au sortir de l'enfance, n'aura aucun autre nom.
Nom et divinités
Tout citoyen romain porte trois noms distincts:
- praenomen: désigne la personne au sein de la famille;
- nomen (gentilicium): désigne la gens, ensemble des familles issues d'un même ancêtre (pater) et célébrant le même culte (sacra gentilicia);
- cognomen: désigne la famille au sein de la gens.
À ces trois noms s'ajoutait parfois l'agnomen: c'est un titre personnel ou la trace d'une adoption. Ainsi, le vainqueur de Carthage se nommait P. Cornelius Scipio Africanus; de son côté, l'empereur Auguste, fils de M. Octavius, mais adopté par Jules César, s'appelait C. Iulius Caesar Octavianus (les 3 noms du père adoptif plus un agnomen tiré du nom du père réel - suffixe anus). On remarquera que l'agnomen est toujours un nom individuel, tandis que le cognomen passe de génération en génération. Le fait est d'autant plus typique que, dans l'usage courant, on désignait un homme par son prénom et son cognomen: M. (Tullius) Cicero, C. (Iulius) Caesar, Ti. (Sempronius) Gracchus, etc. Enfin, porter un nom de gens patricienne n'était pas de soi, un signe de noblesse; là jouaient les effets de l'affranchissement et de l'adoption: ainsi, Cicéron n'était certainement pas un descendant de la vieille gens Tullia de l'époque royale.
Le nom des filles était plus simple; elles recevaient le nom féminisé de la gens: Aemilia, Iulia, Sempronia, etc., et par ordre d'âge, Aemilia, Aemilia Minor, tertia, quarta, etc.
À la fin de la cérémonie du dies lustricus, le père suspend au cou de son fils un bulle d'or (bulla aurea); chez les pauvres, elle est de cuir (bulla scortea). La plupart du temps, elle contient un talisman ou un porte-bonheur, héritage des Étrusques.
Une foule de divinités, aux noms les plus évocateurs, veilleront sur le bambin: Cuba, déesse du sommeil, Fabulinus, dieu de la parole, Potina, Educa, déesses du boire et du manger, Abeona, Adeona, déesses des premiers pas ; Iterduca le protégera dans les rues et Domiduca le ramènera à la maison.
Première éducation
Une fois sorti des langes, l'enfant mâle revêtira la toge prétexte (toga praetexta) bordée de pourpre, comme celle des sénateurs.
Avant les guerres puniques et l'influence grecque, le jeune enfant est directement élevé par sa mère, puis, vers l'âge de 7 ans, pris en charge par son père: c'est lui qui apprendra à l'enfant les exercices corporels et les lettres, c'est lui qui, plus tard, l'initiera à la vie publique; sans l'ingérence de l'État, qui ne s'occupe pas d'éducation, sans aucun intermédiaire (esclave, pédagogue). Cette première éducation est tournée tout entière vers la formation du caractère: vitus romana, faite de résistance physique, de tempérance, de courage et de domination de soi.
Sous l'influence grecque, apparaît le sens de la culture intellectuelle désintéressée, de même que se développe la pratique de la pédagogie à domicile: les guerres longues et incessantes enlèvent le père du foyer et obligent de recourir aux services d'un spécialiste appointé. Celui-ci voudra faire de l'adolescent, non seulement un bon soldat et un bon politique, mais un homme formé dans toutes ses facultés. Les écoles se multiplient pour combler les lacunes de l'initiative familiale, mais elles restent totalement indépendantes de l'État.
Peu à peu, les idées nouvelles (res novae) estompent le respect de la coutume ancestrale (mos maiorum): la formation intellectuelle y gagne, non la valeur morale. De leur côté, les parents se désintéressent trop souvent de l'éducateur de leurs enfants.
Notons d'un mot que les filles recevaient la même formation que les garçons: ne devaient-elles pas être un jour capables d'éduquer leurs fils?
Des couronnes de fleurs, posées aux portes d'une maison, annoncent que la famille d'est agrandie d'un enfançon (Filiolo me auctum scito). Comme c'est un garçon, il est accueilli avec joie: la famille se perpétuera. Aussi l'heureux père le soulève-t-il (attollere, suscipere) pour marquer qu'il le reconnaît. Malheur à l'enfant qui n'est pas «soulevé»! On l'expose au Forum ou sur la voie publique; la Loi des XII Tables ordonnait de faire disparaître les enfants faibles ou difformes, et cette législation ne sera abolie que par les empereurs chrétiens.
Le 9e jour après celui de la naissance (dies natalis) (le 8e jour pour les filles), se place le jour lustral (dies lustricus). Au cours d'une cérémonie de purification, l'enfant reçoit son prénom: il le portera toute sa vie et, jusqu'au sortir de l'enfance, n'aura aucun autre nom.
Nom et divinités
Tout citoyen romain porte trois noms distincts:
- praenomen: désigne la personne au sein de la famille;
- nomen (gentilicium): désigne la gens, ensemble des familles issues d'un même ancêtre (pater) et célébrant le même culte (sacra gentilicia);
- cognomen: désigne la famille au sein de la gens.
À ces trois noms s'ajoutait parfois l'agnomen: c'est un titre personnel ou la trace d'une adoption. Ainsi, le vainqueur de Carthage se nommait P. Cornelius Scipio Africanus; de son côté, l'empereur Auguste, fils de M. Octavius, mais adopté par Jules César, s'appelait C. Iulius Caesar Octavianus (les 3 noms du père adoptif plus un agnomen tiré du nom du père réel - suffixe anus). On remarquera que l'agnomen est toujours un nom individuel, tandis que le cognomen passe de génération en génération. Le fait est d'autant plus typique que, dans l'usage courant, on désignait un homme par son prénom et son cognomen: M. (Tullius) Cicero, C. (Iulius) Caesar, Ti. (Sempronius) Gracchus, etc. Enfin, porter un nom de gens patricienne n'était pas de soi, un signe de noblesse; là jouaient les effets de l'affranchissement et de l'adoption: ainsi, Cicéron n'était certainement pas un descendant de la vieille gens Tullia de l'époque royale.
Le nom des filles était plus simple; elles recevaient le nom féminisé de la gens: Aemilia, Iulia, Sempronia, etc., et par ordre d'âge, Aemilia, Aemilia Minor, tertia, quarta, etc.
À la fin de la cérémonie du dies lustricus, le père suspend au cou de son fils un bulle d'or (bulla aurea); chez les pauvres, elle est de cuir (bulla scortea). La plupart du temps, elle contient un talisman ou un porte-bonheur, héritage des Étrusques.
Une foule de divinités, aux noms les plus évocateurs, veilleront sur le bambin: Cuba, déesse du sommeil, Fabulinus, dieu de la parole, Potina, Educa, déesses du boire et du manger, Abeona, Adeona, déesses des premiers pas ; Iterduca le protégera dans les rues et Domiduca le ramènera à la maison.
Première éducation
Une fois sorti des langes, l'enfant mâle revêtira la toge prétexte (toga praetexta) bordée de pourpre, comme celle des sénateurs.
Avant les guerres puniques et l'influence grecque, le jeune enfant est directement élevé par sa mère, puis, vers l'âge de 7 ans, pris en charge par son père: c'est lui qui apprendra à l'enfant les exercices corporels et les lettres, c'est lui qui, plus tard, l'initiera à la vie publique; sans l'ingérence de l'État, qui ne s'occupe pas d'éducation, sans aucun intermédiaire (esclave, pédagogue). Cette première éducation est tournée tout entière vers la formation du caractère: vitus romana, faite de résistance physique, de tempérance, de courage et de domination de soi.
Sous l'influence grecque, apparaît le sens de la culture intellectuelle désintéressée, de même que se développe la pratique de la pédagogie à domicile: les guerres longues et incessantes enlèvent le père du foyer et obligent de recourir aux services d'un spécialiste appointé. Celui-ci voudra faire de l'adolescent, non seulement un bon soldat et un bon politique, mais un homme formé dans toutes ses facultés. Les écoles se multiplient pour combler les lacunes de l'initiative familiale, mais elles restent totalement indépendantes de l'État.
Peu à peu, les idées nouvelles (res novae) estompent le respect de la coutume ancestrale (mos maiorum): la formation intellectuelle y gagne, non la valeur morale. De leur côté, les parents se désintéressent trop souvent de l'éducateur de leurs enfants.
Notons d'un mot que les filles recevaient la même formation que les garçons: ne devaient-elles pas être un jour capables d'éduquer leurs fils?