Les origines de la science des étoiles
Ce qui suit est un extrait de texte issu du Livre premier du Tetrabiblos, oeuvre écrite par Ptolémée vers 140 et qui jette les bases de l'astronomie-astrologie. Il s'agit d'une traduction de l'original adaptée au mieux pour la langue française. Il m'a semblé néanmoins que subsistaient beaucoup de zones d'ombre et de passages obscurs dans la compréhension immédiate de ce texte. J'ai donc retravaillé certains paragraphes sans en changer le sens original mais dans un souci de meilleure clarté d'ensemble.
Vous pouvez retrouver l'intégralité du Livre premier traduit en français. Il est téléchargeable sur le net.
Extrait :
"Il y a deux choses principales sur lesquelles sont fondées les prédictions astronomiques. La première est celle où nous trouvons à chaque moment les mouvements de la Lune, du Soleil, des étoiles, et les regards qu'ils ont entre eux, ou ceux qu'ils ont envers la Terre. La deuxième suit les qualités naturelles de ces astres, les changements produits au corps étant conformes à leur position. La première doctrine a un art qui lui est propre, la seconde n'arrive pas à cette même certitude. les plus remarquables effets (étant de plus grand poids sur la nature des choses) naissent manifestement de causes célestes.
Il se répand une certaine vertu du ciel sur toutes choses qui environnent la Terre.
Les premiers Eléments sous la Lune (le Feu et l'Air) sont mus par les mouvements célestes et comprennent en leur sphère les reste des choses inférieures. Ils donnent une disposition à la Terre et à l'Eau, aux plantes, et aux animaux.
Les étoiles (fixes ou errantes (?)) signifient en l'Air chaleurs ou froideurs. Toutes les autres choses terrestres recoivent une impression continue. Ces mêmes étoiles, selon les divers regards qu'elles ont entre elles, mêlent leur puissance et causent de grands changements, bien que la force du Soleil aille bien au-delà des autres en pouvoir.
Les effets de la Lune sont plus évidents et plus fréquents. Les étoiles ont de plus grands intervalles et les effets sont plus obscurs, vu que parfois elles paraissent, parfois elles s'écartent jusqu'à une certaine latitude.
Par considération physique ou par compréhension de toutes ces choses, l'on peut prédire convenablement tant les qualités des saisons selon la situation des étoiles (selon qu'elles sont plus chaudes ou plus humides) que les humeurs et les tempéraments des hommes par la qualité du ciel. Le corps de quelqu'un et ses dispositions d'âme peuvent être tels qu'il lui arrivera tels ou tels évènements, selon que le ciel est convenable à son tempérament et propre à lui donner une bonne habitude, ou bien lui est contraire et lui causes des désastres.
Il est évident que les évènements n'ayant d'autres origines que les causes célestes (aucune force ne peut s'y opposer, quand bien même il y en aurait encore davantage en cas de résistance) arrivent infailliblement par une nécessité absolue.
DE LA PUISSANCE DES PLANETES
Il est certain que le Soleil a la vertu d'échauffer modérément et de dessécher, lesquels effets se reconnaissent plus facilement à raison de sa grandeur et des évidentes mutations qu'il cause dans les saisons de l'année. La Lune excelle en humidité, d'autant qu'elle est plus proche de la Terre, et plus voisine des humides vapeurs. De là donc, voit-on clairement qu'elle affecte les corps, de même sorte leur donnant une mollesse , suivie le plus souvent d'une pourriture qu'elle a coutume d'engendrer. Elle ne laisse pas néanmoins d'échauffer encore quelque peu, à cause de la lumière qu'elle tire du Soleil.
Saturne refroidit davantage, et dessèche, à raison qu'il est fort éloigné , tant de la chaleur du Soleil que des humides vapeurs. Du reste, les vertus, soit de Saturne, soit des autres étoiles, peuvent être établies selon qu'elles sont regardées du Soleil ou de la Lune. Car suivant le plus ou le moins, leurs aspects changent la constitution de l'air.
Jupiter est d'une nature tempérée, car il tient le milieu entre Saturne refroidissant et Mars brûlant. Or, il échauffe, humecte et émeut les vents qui marquent la fertilité.
Mars prédomine la vertu de dessécher, mais il brûle aussi, comme il convient à sa couleur de feu, et à la proximité qu'il a avec le Soleil, l'orbe duquel est toujours au dessous du sien.
Pour Vénus, sa nature tempérée est semblable à celle de Jupiter, mais par un ordre renversé. elle échauffe moins mais humecte davantage, attirant (ainsi que le fait la Lune) les humides vapeurs des lieux plus voisins de la Terre.
Quant à Mercure, sa vertu se trouve presque égale, tantôt à dessécher et à boire les humidités, parce qu'il ne s'éloigne jamais du Soleil ; et tantôt à humecter, parce qu'il est voisin de la Lune, laquelle est fort proche de la Terre. Il est sujet à causer des changements fort soudains, induit à ce faire par la vitesse dont il est porté tout autour du Soleil.
Quatre humeurs se rencontrent ainsi : deux fécondes et vivifiantes, le chaud et l'humide (car d'elles toutes choses naissent et se fortifient) et deux au contraire pernicieuses et mortelles, le froid et le sec, par lesquelles toutes choses se détruisent et périssent.
C'est de là que les Anciens ont établi la croyance selon laquelle il y avait deux planètes bienfaisantes, Jupiter et Vénus (et outre celles là, la Lune) à raison de leurs natures tempérées, d'auatnt que la chaleur et l'humidité prédominent en eux ; et qu'ils ont estimé Saturne et Mars malfaisantes à cause de la vertu contraire qu'ils ont, l'un de refroidir, et l'autre de dessécher.
Pour le Soleil et Mercure, leur nature commune les a convié à s'attribuer des effets pour l'une et pour l'autre part, et à croire qu'ils s'accomodaient comme mitoyens aux planètes avec lesquelles ils se rencontraient.
DES PLANETES MASCULINES ET FEMININES
Vu qu'il y a deux genres principaux, le masculin et le féminin, il faut approprier celles qui sont plus humides à une nature féminine, car les choses appartenant à ce sexe sont universellement les plus humides. Quant aux plus chaudes, elles s'accordent avec le sexe masculin. c'est pourquoi fort à propos la Lune et Vénus sont dites féminines, d'autant qu'en elles l'humidité surabonde ; et le Soleil, Saturne, Jupiter, Mars sont réputées masculines. Mercure participe de l'une et de l'autre nature, vu qu'il produit également tantôt des sécheresses, tantôt des humidités.
Les planètes sont encore réputées avoir la puissance masculine et féminine, selon la position qu'elles ont avec le Soleil. Elles sont masculines quand elles sont orientales et précèdent le Soleil, et sont au contraire estimées féminines lorsqu'elles sont occidentales et qu'elles suivent sa route. Après, elles diffèrent aussi selon la position qu'elles ont avec l'horizon.
DES PLANETES DIURNES ET NOCTURNES
Il ya deux différences principales de temps : le jour, et la nuit. Le jour s'accorde plus à la puissance masculine, d'autant que pendant le jour, la chaleur est plus grande, et les natures plus vigoureuses et actives. Mais la nuit est féminine, à cause de l'humidité et de l'ordinaire désir de repos qu'elle génère.
On dit donc que les planètes nocturnes sont la Lune et Vénus, les diurnes étant le Soleil et Jupiter, et que Mercure participe de l'une et de l'autre condition, savoir qu'il est diurne quand il est oriental et qu'il est nocturne quand il est occidental. Mais on attribue à l'une ou à l'autre condition l'aspect de maléfique suivant la diversité de sa qualité, et non de la ressemblance.
Car comme on ajoute des choses semblables aux planètes de bonne condition, leur bonté augmente. Lorsque l'on ajoute des choses dissemblables aux planètes pernicieuses, elles répriment la violence de leur malice. C'est pourquoi l'on associe à la chaleur diurne Saturne, qui est froid, et l'humidité de la nuit à Mars, qui est sec. Ainsi, l'un et l'autre sont rendus plus modérés par une constitution contraire et se situent ainsi dans une température plus égale. "
- Article par Soleil O
Vous pouvez retrouver l'intégralité du Livre premier traduit en français. Il est téléchargeable sur le net.
Extrait :
"Il y a deux choses principales sur lesquelles sont fondées les prédictions astronomiques. La première est celle où nous trouvons à chaque moment les mouvements de la Lune, du Soleil, des étoiles, et les regards qu'ils ont entre eux, ou ceux qu'ils ont envers la Terre. La deuxième suit les qualités naturelles de ces astres, les changements produits au corps étant conformes à leur position. La première doctrine a un art qui lui est propre, la seconde n'arrive pas à cette même certitude. les plus remarquables effets (étant de plus grand poids sur la nature des choses) naissent manifestement de causes célestes.
Il se répand une certaine vertu du ciel sur toutes choses qui environnent la Terre.
Les premiers Eléments sous la Lune (le Feu et l'Air) sont mus par les mouvements célestes et comprennent en leur sphère les reste des choses inférieures. Ils donnent une disposition à la Terre et à l'Eau, aux plantes, et aux animaux.
Les étoiles (fixes ou errantes (?)) signifient en l'Air chaleurs ou froideurs. Toutes les autres choses terrestres recoivent une impression continue. Ces mêmes étoiles, selon les divers regards qu'elles ont entre elles, mêlent leur puissance et causent de grands changements, bien que la force du Soleil aille bien au-delà des autres en pouvoir.
Les effets de la Lune sont plus évidents et plus fréquents. Les étoiles ont de plus grands intervalles et les effets sont plus obscurs, vu que parfois elles paraissent, parfois elles s'écartent jusqu'à une certaine latitude.
Par considération physique ou par compréhension de toutes ces choses, l'on peut prédire convenablement tant les qualités des saisons selon la situation des étoiles (selon qu'elles sont plus chaudes ou plus humides) que les humeurs et les tempéraments des hommes par la qualité du ciel. Le corps de quelqu'un et ses dispositions d'âme peuvent être tels qu'il lui arrivera tels ou tels évènements, selon que le ciel est convenable à son tempérament et propre à lui donner une bonne habitude, ou bien lui est contraire et lui causes des désastres.
Il est évident que les évènements n'ayant d'autres origines que les causes célestes (aucune force ne peut s'y opposer, quand bien même il y en aurait encore davantage en cas de résistance) arrivent infailliblement par une nécessité absolue.
DE LA PUISSANCE DES PLANETES
Il est certain que le Soleil a la vertu d'échauffer modérément et de dessécher, lesquels effets se reconnaissent plus facilement à raison de sa grandeur et des évidentes mutations qu'il cause dans les saisons de l'année. La Lune excelle en humidité, d'autant qu'elle est plus proche de la Terre, et plus voisine des humides vapeurs. De là donc, voit-on clairement qu'elle affecte les corps, de même sorte leur donnant une mollesse , suivie le plus souvent d'une pourriture qu'elle a coutume d'engendrer. Elle ne laisse pas néanmoins d'échauffer encore quelque peu, à cause de la lumière qu'elle tire du Soleil.
Saturne refroidit davantage, et dessèche, à raison qu'il est fort éloigné , tant de la chaleur du Soleil que des humides vapeurs. Du reste, les vertus, soit de Saturne, soit des autres étoiles, peuvent être établies selon qu'elles sont regardées du Soleil ou de la Lune. Car suivant le plus ou le moins, leurs aspects changent la constitution de l'air.
Jupiter est d'une nature tempérée, car il tient le milieu entre Saturne refroidissant et Mars brûlant. Or, il échauffe, humecte et émeut les vents qui marquent la fertilité.
Mars prédomine la vertu de dessécher, mais il brûle aussi, comme il convient à sa couleur de feu, et à la proximité qu'il a avec le Soleil, l'orbe duquel est toujours au dessous du sien.
Pour Vénus, sa nature tempérée est semblable à celle de Jupiter, mais par un ordre renversé. elle échauffe moins mais humecte davantage, attirant (ainsi que le fait la Lune) les humides vapeurs des lieux plus voisins de la Terre.
Quant à Mercure, sa vertu se trouve presque égale, tantôt à dessécher et à boire les humidités, parce qu'il ne s'éloigne jamais du Soleil ; et tantôt à humecter, parce qu'il est voisin de la Lune, laquelle est fort proche de la Terre. Il est sujet à causer des changements fort soudains, induit à ce faire par la vitesse dont il est porté tout autour du Soleil.
Quatre humeurs se rencontrent ainsi : deux fécondes et vivifiantes, le chaud et l'humide (car d'elles toutes choses naissent et se fortifient) et deux au contraire pernicieuses et mortelles, le froid et le sec, par lesquelles toutes choses se détruisent et périssent.
C'est de là que les Anciens ont établi la croyance selon laquelle il y avait deux planètes bienfaisantes, Jupiter et Vénus (et outre celles là, la Lune) à raison de leurs natures tempérées, d'auatnt que la chaleur et l'humidité prédominent en eux ; et qu'ils ont estimé Saturne et Mars malfaisantes à cause de la vertu contraire qu'ils ont, l'un de refroidir, et l'autre de dessécher.
Pour le Soleil et Mercure, leur nature commune les a convié à s'attribuer des effets pour l'une et pour l'autre part, et à croire qu'ils s'accomodaient comme mitoyens aux planètes avec lesquelles ils se rencontraient.
DES PLANETES MASCULINES ET FEMININES
Vu qu'il y a deux genres principaux, le masculin et le féminin, il faut approprier celles qui sont plus humides à une nature féminine, car les choses appartenant à ce sexe sont universellement les plus humides. Quant aux plus chaudes, elles s'accordent avec le sexe masculin. c'est pourquoi fort à propos la Lune et Vénus sont dites féminines, d'autant qu'en elles l'humidité surabonde ; et le Soleil, Saturne, Jupiter, Mars sont réputées masculines. Mercure participe de l'une et de l'autre nature, vu qu'il produit également tantôt des sécheresses, tantôt des humidités.
Les planètes sont encore réputées avoir la puissance masculine et féminine, selon la position qu'elles ont avec le Soleil. Elles sont masculines quand elles sont orientales et précèdent le Soleil, et sont au contraire estimées féminines lorsqu'elles sont occidentales et qu'elles suivent sa route. Après, elles diffèrent aussi selon la position qu'elles ont avec l'horizon.
DES PLANETES DIURNES ET NOCTURNES
Il ya deux différences principales de temps : le jour, et la nuit. Le jour s'accorde plus à la puissance masculine, d'autant que pendant le jour, la chaleur est plus grande, et les natures plus vigoureuses et actives. Mais la nuit est féminine, à cause de l'humidité et de l'ordinaire désir de repos qu'elle génère.
On dit donc que les planètes nocturnes sont la Lune et Vénus, les diurnes étant le Soleil et Jupiter, et que Mercure participe de l'une et de l'autre condition, savoir qu'il est diurne quand il est oriental et qu'il est nocturne quand il est occidental. Mais on attribue à l'une ou à l'autre condition l'aspect de maléfique suivant la diversité de sa qualité, et non de la ressemblance.
Car comme on ajoute des choses semblables aux planètes de bonne condition, leur bonté augmente. Lorsque l'on ajoute des choses dissemblables aux planètes pernicieuses, elles répriment la violence de leur malice. C'est pourquoi l'on associe à la chaleur diurne Saturne, qui est froid, et l'humidité de la nuit à Mars, qui est sec. Ainsi, l'un et l'autre sont rendus plus modérés par une constitution contraire et se situent ainsi dans une température plus égale. "
- Article par Soleil O