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ORIGINES La
sorcellerie est un Art très ancien dont les origines se perdent dans la
nuit des temps mais dont les traces visibles se retrouvent à l'époque
romaine, voire étrusque. La plupart des connaissances qui nous sont
parvenues sont directement issues des écrits de la Rome Antique d'où
fourmillent mythes et légendes. Ovide, qui fut un témoin direct de
l'époque nous en a livré une masse considérable. D'après plusieurs
sources, les Mystères romains constituaient le creuset de la magie et
du paganisme ; le christianisme ayant ensuite contribué à l'étouffer,
voire menacer de la faire disparaitre à tout jamais. Les païens
aimaient leurs Dieux sans crainte. Le poète Virgile aurait été lui
aussi initié aux Mystères païens. Les hommes se sont tournés vers la
sorcellerie, surtout au Moyen-Age, en réponse à la religion de la peur
et de la culpabilité que faisaient régner les hommes d'église. Depuis
les débuts du christianisme, la souffrance des hommes a grandi. Le
sentiment nouveau de "droits", véhiculé par la bible et les messes ont
contribué à un ressenti général d'oppression et d'injustice et ont
favorisé l'expansion de l'art sorcier et l'adoration de déités
anciennes et païennes, pour qui ces notions créées de toutes pièces par
les hommes n'avaient aucun sens. L'image de la Vierge sur la lune, que
l'on retrouve dans de nombreuses églises aujourd'hui (ex : Notre-Dame
de Paris) n'est autre que la représentation très ancienne de Diane,
déesse lunaire païenne. Mais elle n'est pas que cela ! Car plus
les interdits fleurissaient avec l'avènement de la nouvelle religion
chrétienne, plus la tradition secrète se développait. La Magie se
développe toujours mieux quand elle est cachée et l'occultisme, autre
nom de la Tradition, nous indique par la racine du mot à quel point la
magie ne peut être exhibée ni livrée au grand jour ! La Connaissance ne
se prend pas, elle se mérite, et bien souvent au prix d'innombrables
difficultés. Elle ne se livre jamais au premier venu.
MYTHES Le
point central de l'art sorcier ou magique se situe en sa Déesse, la
Lune. la magie étant cachée par essence, seule une déité tutélaire
lunaire pouvait la gouverner. La signification symbolique du mythe est
très forte et se rapporte directement au fonctionnement humain. D'après
la légende, la lumière et l'obscurité furent séparés à l'aube des temps
et perdirent leur Divinité. Désespérée, l'obscurité n'eût de cesse de
retrouver sa lumière perdue, et de se réunifier à elle en un immense
orgasme cosmique. Mais pour y arriver, elle n'avait d'autre choix que
de se laisse chuter dans les ténèbres afin de mieux se hisser ensuite.
Cette légende se rapporte bien évidemment à nos deux luminaires, la
lune et le soleil. La course de chacun équivaut à l'allégorie décrite
précédemment. Concrètement, la lune, noire par excellence, représente
l'inconscient humain ; le soleil, lumineux de nature, représente la
conscience. Afin de procéder à la réintégration totale de notre
individualité, il nous faut considérer la part sombre, enfouie et
rejetée de notre psyché, l'exposer à la pleine lumière du conscient, et
ainsi retrouver symboliquement notre divinité perdue, à savoir notre
Moi intégral.
SYMBOLISME Une
assertion importante dans l'occultisme nous apprend ceci : ce qui est
en haut est comme ce qui est en bas. C'est une règle d'or universelle
et qui met en exergue l'importance primordiale du symbole. En
sorcellerie, tout n'est que poésie mystique, basée sur des symboles qui
s'équilibrent (lumière/nuit, vie/mort, ...etc...). Le corps est un
microcosmos construit à l'image de l'univers. Les aspects de la lune
qui nous concernent particulièrement sont celles-ci : - La Pleine Lune : le soleil illumine la lune, la lumière révèle l'ombre.
Elle symbolise l'inconscient dévoilé, la part féminine illuminée de
plein fouet par la part masculine, les révélations. Reproduire
l'orgasme cosmique permet d'atteindre d'autres niveaux de conscience et
avoir accès aux Mystères, à la Connaissance. L'énergie déployée est
très intense. - L'Eclipse : la lune cache le soleil (occultation de la lumière).
Elle n'est pas forcément de bon augure. L'inconscient, la part d'ombre
submerge la lumière et la domine, l'empêchant de s'épanouir - La Nouvelle Lune : Union du Soleil et de la Lune, la Lune noire, l'orgasme cosmique. Elle
est le symbole de la réunification, des opposés, l'ombre et la lumière,
le conscient et l'inconscient, la fusion des contraires, l'intégration
totale de la personnalité, la Divinité retrouvée, l'Union mystique du
masculin et du féminin - Les Mystères de la lune noire
: mort, naissance lors de l'orgasme cosmique avec le soleil à la
nouvelle lune. Renouveau, la transformation survient dans l'obscurité ;
c'est là que l'on retrouve notre intégralité, la part perdue de
nous-même, le grand recommencement qui fait suite à l'amour...
EFFETS LUNAIRES SUR LE PSYCHISME HUMAIN Quand
la Pleine Lune nous appelle, on entre en osmose avec la Déesse. C'est
l'inconscient révélé au grand jour. Notre coeur devient un temple dans
lequel s'incarne afin d'y semer son savoir et sa sagesse éternelle. Il
faut d'abord admettre qu'en chaque femme sommeille une sorcière. Alors
que, mystiquement, le soleil ne peut jamais voir les actes interdits,
la lune en est le témoin permanent. En outre, elle agit
particulièrement sur d'autres plans, comme l'astral, le sommeil, les
rêves...Ces plans sont une ouverture à l'inconscient.
Jadis, toujours selon la légende, les sorcières savaient endormir les
jeunes filles pour le compte d'amoureux de l'ombre. On raconte qu'elles
étaient transformées en chien et retrouvaient leur aspect premier dans
les bras de l'aimé pour repartir ensuite à nouveau sous forme de chien.
Il ne subsistait de cette aventure nocturne que quelques bribes de
rêves le lendemain matin. On dit par ailleurs que la Déesse de la Lune
a toujours un chien noir à ses côtés. Si l'on veut visiter son aimé en
secret la nuit, il faut aussi avoir recours à la lune. La
magie de la lune exacerbe les passions. Pour les Grecs, la passion, le
secret et l'interdit étaient divins, esthétiques, et se ramenaient à
une seule et même notion. A ce moment précis de clarté lunaire, l'âme
toute entière peut s'ouvrir dans la paix et n'est pas toujours assurée
de réobtenir tout son self-control...La lumière mystérieuse de la lune
donne forme humaine à chaque chose qui est endormie et rêve. L'amour
est le bel endormi, sacré et allégorique. La nuit est consacrée aux
secrets, que la lune détient, par sa lumière et avec sa force
d'attraction sur toute chose. La nuit est quelque chose de magique. Pour
communiquer avec elle, les Anciens se réunissaient à la Pleine Lune,
dans un endroit isolé ou en forêt, pour adorer l'esprit de la lune qui
émanait de partout, et écouter ses enseignements afin de se libérer de
l'esclavage (moral, mental etc...). Ils se devaient d'être nus. La
nudité est primordiale pour transformer symboliquement l'être humain
afin de retrouver sa Divinité perdue. La nudité est symbole de vérité
et de sincérité. L'extinction des feux et l'orgie qui suivaient ces
rituels étaient des symboles du corps couché dans la terre, du grain
planté, de la germination, ou de l'entrée dans la nuit et la mort. En
somme, la renaissance sous une autre forme. On retrouve là toute
l'importance du symbole sorcier.On
savait qu'elle avait entendu nos prières quand on entend un chien
aboyer, ou une grenouille coasser, ou un oiseau chanter...La grenouille
est de ses symboles. Les rayons sont ses enfants, des fées. Le vin est
son sang (in vino veritas...). Un mythe ancien la relie de façon très
étroite à Bacchus, Dieu des vignes. L'améthyste représente leur fusion
et symbolise le vin projeté par Bacchus sur le cristal de roche
transparent représentant la déesse lunaire. La charge de la Déesse (cf) nous confirme ceci :- Lors de la Pleine lune, la Déesse nous apprend ce qui est inconnu- Elle est extase de l'Esprit- S'élever vers elle, et elle descendra en nous- Si on ne cherche pas en soi, on ne trouvera rien au dehors- Elle est avec nous depuis le commencement- Elle aide ceux qui s'aide eux-même.
(Cette
synthèse est très largement inspirée de "Gospel of the witches" de
Charles Leland. En dépit des critiques concernant l'authenticité de cet
ouvrage, de sa véracité historique et au delà du folklore et des
superstitions qui en émaillent le contenu, il m'a semblé intéressant de
lire entre les lignes et d'en tirer cette analyse, parfois un peu
personnelle mais fortement inspirée par la foi qui me lie à l'Esprit de
la Déesse. La poésie qui émane de certains passages de cet évangile
particulier constitue en elle-même une ouverture indéniable à la
spiritualité lunaire.)
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